Edito janvier 2019

Il y a urgence à rebâtir de l’intérêt général.

Gilets jaunes péage Dourdan Ce n’est pas un hasard si, partout en France, les péages autoroutiers ont été occupés par des milliers de manifestants. A juste titre très contesté, le système autoroutier est le modèle réduit et le révélateur d’orientations gouvernementales qui ne répondent plus à l’intérêt général. Elles sont totalement soumises aux intérêts d’une caste qui domine la politique et l’économie.

Le mouvement des « Gilets jaunes » vient de montrer que l’intransigeance et l’arrogance gouvernementales ne sont pas inébranlables, même s’il s’agit plus de postures de circonstances que de changement de cap.

Dans le seul domaine qui nous concerne, le gouvernement a été contraint, in extremis, de remiser son scénario de péages urbains prévus dans la loi d’orientation des mobilités. Il a été contraint d’établir un moratoire pour les hausses des tarifs des péages prévues en février. Il a été contraint de ne pas aider les concessionnaires à poursuivre les automobilistes qui ont bénéficié d’opérations péages gratuits. Touchée par la grâce du mouvement, la ministre des transports vient subitement de découvrir ce que nous demandons depuis 17 ans. Selon elle, « De premières pistes auraient été abordées avec les concessionnaires, notamment concernant la situation des usagers réguliers effectuant des trajets domicile-travail ».
Nous ne nous faisons aucune illusion sur la concrétisation de cette annonce.
En effet, le 8 décembre 2018, interpellée sur cette même question des trajets domicile travail des franciliens empruntant l’A10, elle répondait le contraire aux parlementaires de nos départements : « Une exonération du péage au bénéfice des seuls usagers réguliers n’est pas envisageable ».

Quant au moratoire sur la hausse des tarifs des péages, il n’est que poudre aux yeux lâchée sous la pression du mouvement social. D’ailleurs, la ministre des transports dévoile elle-même les termes de la supercherie. Elle assujettit ces revirements à un nouvel allongement de la durée des concessions, c’est-à-dire à une prolongation de la durée du racket que subissent les usagers.
Il ne faut surtout pas toucher au grisbi des sociétés concessionnaires !

Dans ces conditions notre proposition d’une refonte complète de la politique autoroutière est plus actuelle que jamais.
Cette refonte ne tombera pas du ciel.
C’est pour cela que nous avons interpellé les présidents des groupes politiques de l’Assemblée Nationale et du Sénat.
Le mépris de l’exécutif à leur égard ne doit pas les amener à se complaire dans la soumission.
Nous leur demandons d’user de leurs prérogatives pour déposer des projets de lois réformant en profondeur un système autoroutier devenu une simple machine à dividendes.
C’est au pied du mur que nous jugerons le maçon !

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